La postface : quelle est son utilité ?

Vous venez de terminer l’écriture de votre biographie, et vous avez certainement hâte de la faire imprimer pour que ce beau projet soit enfin concrétisé. Il se peut que vous ayez complété votre récit par une préface et des remerciements. Mais avez-vous pensé à écrire une postface ? Il s’agit d’un texte que l’on intègre après le récit, généralement avant les remerciements, et qui peut-être rédigé par l’auteur ou une autre personne. Rassurez-vous, il n’est pas obligatoire de l’inclure dans votre livre, mais elle peut toutefois servir à renforcer le lien avec vos lecteurs et à leur fournir des informations supplémentaires. Dans cet article, je vous explique donc à quoi peut servir la rédaction d’une telle postface.

Remercier vos lecteurs 

Même si vous avez prévu d’écrire une page à la fin de votre livre pour remercier individuellement ceux qui vous sont chers, vous pouvez tout à fait profiter de cette postface pour remercier tous vos lecteurs d’avoir consacré du temps à la lecture de votre livre. Vous leur montrez ainsi que vous leur accordez de l’importance et que cela vous touche qu’ils aient pu avoir votre livre entre les mains.

Faire part de vos réflexions suite à l’écriture de votre biographie

Vos lecteurs ont souvent envie de savoir comment s’est passée l’écriture de votre livre. C’est à cela que sert une postface contrairement à la préface, qui elle, se place au début du livre et est plus destinée à expliquer votre projet d’écriture (les raisons pour lesquelles vous avez décidé d’écrire ce livre, par exemple).

Lorsque vous écrivez ou faites écrire votre livre, vous avez parfois quelques inquiétudes (peur de ne pas avoir suffisamment de choses à dire, de ne pas savoir par où commencer, etc.). Heureusement, au cours du travail d’écriture, celles-ci s’estompent souvent, notamment si vous vous faites accompagner par un professionnel qui saura vous guider. Et même si vous l’écrivez en solo, vous trouverez des conseils sur Internet pour vous aider à avancer et ainsi vaincre vos appréhensions. Dans la postface, n’hésitez pas à faire part des craintes que vous aviez au départ et de la manière dont vous avez réussi à les surmonter.

 La postface permet aussi de faire le point sur la façon dont vous avez procédé pour écrire votre livre, les défis que vous avez dû relever, les difficultés que vous avez éventuellement rencontrées, mais surtout tout ce que cela vous a apporté de positif : vous ressentez un mieux-être, vous avez transmis des messages positifs à vos lecteurs, etc.

 Certains auteurs profitent de la postface pour transmettre des messages ou des conseils qui complètent leur récit. C’est le cas, par exemple, d’une actrice américaine qui a écrit son livre pour témoigner de sa dépression post-partum :  

Photo du livre de l'actrice Brooke Shields qui y raconte sa dépression post-partum

« Si vous pensez que vous souffrez d’une dépression postnatale, quel qu’en soit le degré de gravité, ou que vous soyez pour une raison ou pour une autre prédisposée à cette affliction, il n’y a pas de temps à perdre ! Demandez tout de suite de l’aide. Même si vous n’avez jamais été déprimée ou si vous n’avez aucune raison de l’être. Un baby blues ne dure que quelques jours. Si votre malaise persiste, vous devez consulter un médecin. N’ayez pas honte de vos propres sentiments. Il vaut mieux agir sans tarder. La dépression postnatale n’est pas sans remède, loin de là. Il est important de s’informer et de parler de ce que vous ressentez. La dépression postnatale passe rarement toute seule et provoque de graves dégâts.

N’oubliez surtout pas que cette dépression est un mal reconnu et plus courant qu’on ne le croit. Ne vous pensez pas plus héroïque que vous ne l’êtes. Ce n’est pas parce que vous êtes déprimée que vous n’êtes pas une bonne mère ou que vous avez perdu la raison. Et surtout, cela ne signifie pas que vous n’aimez pas votre enfant. Il n’y a pas à vous sentir gênée ou coupable, et une chose est sûre : vous ne vous en sortirez pas toute seule ! Il n’y a pas moyen de “ faire face ” et le temps ne fera qu’aggraver les choses. L’aide extérieure est disponible sous de multiples formes. Si vous n’avez pas envie d’en discuter avec vos amis ou votre famille, abordez la question avec votre médecin. Si je me suis remise, c’est parce que l’on m’est venu en aide. Pourquoi perdre des jours précieux à se débattre au fond d’un trou noir alors que des mains secourables sont prêtes à se tendre vers vous ? »

Brooke Shields.

Présenter de nouvelles perspectives

L’écriture de votre biographie a peut-être généré des prises de conscience : votre capacité à surmonter les difficultés, par exemple. Maintenant, vous voyez les choses sous un autre angle. Si c’est le cas, vous pouvez le confier à vos lecteurs dans la postface. Et si l’écriture de ce livre a fait naître d’autres projets (écrire ou faire écrire un autre livre, créer une association, etc.), faites-en part à vos lecteurs.

Autres exemples de postfaces

Je vous propose un exemple de postface rédigée par mes soins pour le livre de ma sœur : 

« Lorsque C. m’a demandé de lui écrire son livre, j’ai d’abord ressenti une certaine appréhension. Bien que je sois convaincue que l’écriture a des vertus thérapeutiques, je craignais que ce soit trop difficile pour elle étant donné qu’elle n’avait jamais effectué de thérapie de fond. Il se peut aussi que comme j’ai été très affectée par ce qu’elle a vécu, j’avais peur que mes propres démons ressortent.

Malgré tout, j’avais conscience que c’est justement en écrivant leur livre que des personnes font leur thérapie. Chacun a ses propres outils pour soigner sa souffrance, l’écriture en fait partie.

Nous nous sommes donc lancées toutes les deux dans l’aventure et avons même mis notre père à contribution.

Les petites inquiétudes que j’avais au tout début se sont d’ailleurs vite envolées.

En effet, ce qui m’a frappée à la fin de notre premier entretien, c’est la facilité avec laquelle C. a réussi à estomper cette culpabilité qui la rongeait depuis toutes ces années. Le fait de se raconter, de voir les mots couchés sur le papier lui a apporté tant d’apaisement. Elle me pressait même pour faire l’entretien suivant. J’ai donc compris, une nouvelle fois, à quel point l’écriture peut être libératrice.

Ce livre a aussi été une révélation pour elle. Lorsqu’elle a lu le premier texte, elle m’a confié : “Je me rends compte aujourd’hui à quel point j’ai vécu des évènements violents.“ C’est un peu comme si ce livre lui avait ouvert les yeux sur tout ce qu’elle avait subi, comme si elle avait effacé certains souvenirs de sa mémoire. Il est vrai que lorsque nous vivons des périodes compliquées, nous avons parfois tendance à enfouir les moments les plus difficiles pour réduire notre souffrance.

Finalement, l’écriture de cette biographie aura été bénéfique à cent pour cent, ce qui me motive toujours plus à continuer de proposer aux personnes qui ont vécu une période difficile d’écrire leur livre thérapeutique. »

Voici enfin la postface du livre d’Axel Allétru, champion du monde de BMX et de motocross, devenu paraplégique à vingt ans à la suite d’une chute. Elle a été écrite par l’un de ses médecins : 

Photo du livre du champion du monde de BMX et motocross, Axel Allétru, devenu paraplégique après un accident.

« Je m’en souviendrai toute ma vie. Quand j’ai ouvert pour la première fois la porte de la chambre d’Axel au centre de rééducation, je m’apprêtais à devoir lui remonter le moral après l’abominable accident qui lui avait ôté l’usage de ses jambes, à seulement vingt ans. J’avais prévenu mon équipe : à nous de le préparer psychologiquement à faire le deuil de son histoire antérieure, afin qu’il accepte de vivre dignement et en autonomie, en fauteuil roulant. 

J’avais tout faux ! Ce jeune homme solaire qui m’a accueilli avec un sourire radieux m’a bouleversé. Il a pulvérisé mes présupposés de scientifique et tout ce que la médecine avait pu m’enseigner. Un blessé passe généralement par une période de grande déprime. Non seulement Axel souriait mais il était déjà prêt, dans sa tête, à partir au combat ! Un combat qu’il allait en premier lieu mener contre lui-même : après un accident d’une telle gravité, il aurait pu sombrer. Il a préféré regarder droit devant, sans rancœur, sans colère et se donner deux ans avant de dresser le bilan de ses progrès, alors même que beaucoup lui tenaient un discours pessimiste sur ses perspectives d’autonomie.

J’ai été stupéfait par son énergie, sa joie de vivre et son enthousiasme à l’idée de s’engager dans une rééducation difficile, à l’issue plus qu’incertaine. J’ai suivi Axel pendant tout son parcours au centre L’Espoir. En dépit de ce nom inspirant, je dois bien avouer que je ne pensais pas le revoir un jour debout. La lésion de sa moelle épinière était trop importante. Imaginez une colonne vertébrale disloquée ! Je me suis bien gardé de le lui confier mais, à l’aune de ma carrière qui a commencé en 1994, des cas comme le sien qui parviennent à se remettre debout se comptent sur les doigts d’une main. Et sur cette même main, Axel se distingue encore par sa volonté, sa pugnacité et la puissance de son mental.

Ce qu’Axel nous rappelle aussi, par sa résilience, c’est le pouvoir extraordinaire de notre cerveau. Un enseignement si riche pour nous tous, quelle que soit notre situation ! Il a utilisé la visualisation mentale pour progresser, dès son entrée au centre. Je l’y ai toujours encouragé, m’intéressant moi-même depuis 2006 à ce type d’approches complémentaires auxquelles j’ai été initié lors de mes voyages professionnels en Inde, au Tibet. Axel a instinctivement compris, sans être scientifique, que notre corps ne se résumait pas à une somme de capacités mécaniques. Nous formons un tout et nos organes, notre cerveau, les cellules de notre corps, fonctionnent en synergie. Imaginer chaque jour que l’on remarche en se concentrant sur ce qu’on n’est pas encore capable de faire physiquement peut aider à recouvrer certaines capacités. Lorsque des collègues se montrent dubitatifs, je les invite à consulter les résultats scientifiques désormais disponibles : l’intention génère un effet réel, mécanique. Et j’ajoute que si une pratique complémentaire ne fait aucun mal à mon patient, je n’ai aucune raison de la dénigrer. 

La visualisation mentale n’a jamais empêché Axel de pratiquer tous ses exercices. Il l’a même fait plus que de raison ! C’était là notre seule crainte avec mes collègues : les muscles ont besoin de récupération après un effort pour repartir sur un autre cycle de renforcement, sans quoi le risque est d’obtenir un résultat contraire à celui escompté. Or Axel ne se reposait jamais, sauf quand il dormait. S’est engagée une bataille bienveillante entre nous deux, doublée d’une connivence renforcée au fil du temps. Je suis même allé jusqu’à orchestrer des convocations pour le menacer d’exclusion, comme on monte des spectacles de théâtre. Mais Axel a toujours fait comme il le sentait, n’en déplaise à certains, n’en déplaise à moi-même. Non pas parce qu’il est une tête brûlée mais parce qu’il a acquis une immense connaissance de ses capacités. Comme ses efforts étaient payants, sa confiance s’est aussi renforcée. Un beau cercle vertueux !

Axel n’a cessé de m’épater par ses progrès pendant sa rééducation. Il s’est levé au bout de six mois. Il a remarché au bout d’un an et demi ! Il a défié toutes les lois de la médecine. On aura beau jeu d’arguer qu’il a des parents qui l’ont soutenu, un père lui-même sportif amateur, qu’il a très tôt été habitué à se confronter aux autres et à repousser ses limites. Cela ne suffit pas. Axel est un combattant dans l’âme, quelqu’un qui n’abandonne jamais ; il est de ces humains qui savent combien la vie est courte et fragile, raison suffisante pour aller au bout de soi-même et ne rien regretter. Vous avez donc ici le meilleur coach mental qui soit !

En tout cas, dans ma vie, Axel tient définitivement une place à part. Je ne pourrai jamais l’oublier.

Merci, monsieur le champion ! »

Docteur Ali Khaled

 

Comme vous pouvez le constater, chaque postface est unique. Il n’y a pas de règle précise pour la rédiger tant dans son contenu que dans sa longueur. Malgré tout, afin de maintenir l’intérêt de vos lecteurs, je vous conseille de ne pas la faire trop longue.


J’espère que mes conseils ainsi que les différents exemples proposés vous aideront à stimuler votre imagination pour écrire votre postface. De mon côté, je me tiens à votre disposition si vous avez besoin d’une biographe pour écrire le récit de votre vie !